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Mardi 17 Mai 2016

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A propos de son prêche controversé du 31 décembre 2007 - Pasteur Moïse Koré : “Il y a des gens qui s’amusent avec le feu”
Dans la nuit de la Saint Sylvestre, le 31 décembre dernier, le pasteur Moïse Koré, chef de la mission évangélique Schékina Glory, a conduit un culte au domicile du Président de la République à Abidjan-Cocody. Devant le couple présidentiel, Laurent et Simone Gbgabo, ainsi que d’autres personnalités de l’Etat et de nombreux invités, il a prononcé un prêche qui a mis à l’indexe les déviations de la Côte d’Ivoire et de ses dirigeants. Dans cette interview, Pasteur Koré revient sur son message.

Notre Voie : Le 31 décembre 2007, au cours du culte de fin d’année au domicile du chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, vous avez fait un prêche engagé et incisif dans lequel vous avez stigmatisé la corruption, la course à l’enrichissement et l’égoïsme qui minent la société ivoirienne. Pourquoi aviez-vous fait cette sortie ?
Moïse Koré : Ecoutez, je suis pasteur. J’ai à ma charge des brebis. Mais je suis aussi citoyen ivoirien. Je vis dans ce pays et j’y ai travaillé en tant que cadre, avant d’être appelé par Dieu pour le servir. Je suis en contact avec le peuple et je sais ce que les uns et les autres disent et ressentent. C’est ce que j’ai reçu de la part de l’Eternel que j’ai dit. Notre Dieu est un Dieu de justice. Il hait la corruption, le vol, la méchanceté, l’ingratitude, le manque de solidarité…Autant de choses que Dieu n’aime pas. A partir du moment où Dieu me demande de parler afin de dire ce qu’Il pense, pourquoi voulez-vous que je me gêne. Moi, je n’ai aucun problème. Je n’ai pas peur des hommes, mais de Dieu. L’Eternel m’a dit : “Parle !”, alors j’ai parlé. Au départ, j’ai dit à Dieu : “Mon Dieu, n’ai-je pas assez d’ennemis comme cela ?”, il m’a dit : “Parle ! Personne ne pourra mettre la main sur toi, car je suis avec toi. La vérité doit être au fond des cœurs et cette nation doit être bâtie sur de nouveaux fondements”. On ne peut pas décrier ce qui avait cours par le passé et revenir sur les anciennes pratiques. Il faut les bannir. La Côte d’Ivoire a payé le prix d’une rédemption complète. Cette rédemption doit être visible dans tous les compartiments de la société.

N.V : De qui parliez-vous exactement, du pouvoir actuel, des hommes politiques, du citoyen lambda ?
P.K : Le citoyen lambda participe à l’évolution de sa nation. Aujourd’hui, on se plaint même que lorsqu’on est victime d’un accident, si on n’a pas d’argent, on ne peut pas être évacué vers un centre hospitalier. Dans les ministères, lorsque les appels d’offres sont biaisés, est-ce que ça, c’est une affaire de politique ? Que l’on soit politicien ou citoyen lambda, tout le monde est concerné par ce qui se vit dans notre société. Il y en a qui se disent que j’attaque les Refondateurs. Mais, avant les Refondateurs, il y a ceux qui ont dirigé ce pays pendant quarante ans et qui ont leur part de responsabilité dans ce désastre. Alors quand Dieu parle, chacun doit faire son introspection.

N.V : Vous avez dit votre prêche à la résidence du chef de l’Etat en présence du couple présidentiel. On pourrait dire que la cible est tout trouvée…
P.K : Quelle est cette cible?

N.V : Le chef de l’Etat, le pouvoir actuel…
P.K : Je connais le Président de la République, et je ne lui sais pas auteur de ce genre de pratiques condamnables par Dieu. De même que son épouse. Je m’honore de cela. Parce que je pense que les principes bibliques ne se sont pas éloignés de leur vie, c’est pourquoi Dieu leur a maintenu sa fidélité tout au long de cette crise. Je m’adresse à toute la classe politique, parce que la Côte d’Ivoire a été gérée durant ces dernières années par quasiment toute la classe politique. Ils sont de tous les bords, les Ivoiriens qui dirigent la cité. Je sais que mon prêche n’a pas plu à des personnes, mais je ne suis pas là pour plaire à quelqu’un. Je suis là pour livrer le message de Dieu. Et quand Dieu me demande de parler, je le fais sans regarder les hommes.

N.V : L’entourage du chef de l’Etat est si pourri pour que vous l’indexiez dans votre prêche ?
P.K : Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. J’ai tout simplement dit qu’il y a des faits et des cris de lamentation dans la société ivoirienne qui sont montés vers Dieu. Et l’Eternel m’a demandé de parler pour dénoncer certaines pratiques qui ont cours. C’est ce que j’ai fait. Je ne gère pas l’entourage du chef de l’Etat au quotidien, donc je ne peux pas savoir. Je n’indexe personne en particulier parce que la Côte d’Ivoire est gérée par de nombreux partis politiques. Les Refondateurs sont aussi coupables que le PDCI, le RDR, le PIT, l’UDPCI, le MFA…

N.V : Pourquoi maintenant cette prise de conscience ? En tant que pasteur du chef de l’Etat, vous auriez pu agir plus tôt …
P.K : Je ne choisis pas de période pour parler. Je parle lorsque Dieu me dit de le faire. J’ai été interpellé une fois à la “Sorbonne” sur ce genre de choses. J’ai dit à mes interlocuteurs que j’ai un patron, c’est Dieu. Et Dieu fait chaque chose à son temps. Mon rôle en tant que pasteur est de conduire les brebis à observer les préceptes divins. Quand Dieu voit que la nation est en train de se pervertir, Il interpelle toujours quelqu’un. Il m’a interpellé, j’ai parlé.

N.V : Avez-vous le sentiment que votre message a été entendu ?
P.K : Il y a eu deux sortes de réactions à propos de mon prêche. Des gens m’ont dit qu’ils ne sont pas contents. Je m’en réjouis car ceux qui ne sont pas contents se reprochent quelque chose. D’autres citoyens ivoiriens m’ont dit leur satisfaction. La parole de Dieu n’est pas faite pour caresser les gens dans le sens du poil. Elle n’est pas là pour faire plaisir à quelqu’un. La parole de Dieu dérange, parce qu’elle est vérité. Je n’ai qu’un seul pays, la Côte d’Ivoire. Et je souhaite en être toujours fier. Alors si Dieu me dit de porter son message afin que ce pays change, je ne saurais me taire.

N.V : Pourquoi c’est maintenant, en décembre 2007, que Dieu vous demande de vous lever pour parler ?
P.K : Dieu est omniscient. Quand un malheureux dans la rue pleure parce qu’il n’a rien à manger et que personne ne vole à son secours, Dieu entend ses cris. Voilà pourquoi le Seigneur nous dit que beaucoup seront étonnés lorsqu’il leur dira : “Jai eu faim et tu ne m’as pas nourri”. Certains en seront surpris, mais c’est la preuve que Dieu sait tout et est partout. Lorsqu’on a détruit les infrastructures qui devraient produire des richesses, on a fait des malheureux. Et ces malheureux crient à Dieu qui les entend. Quand le pauvre murmure et soupire, Dieu entend. Dieu m’a demandé de le dire. Celui qui va persister dans ces mauvaises pratiques, sera châtié. On ne peut pas dire que la Côte d’Ivoire, c’est une nation bénie par Dieu, c’est la seconde Israël et poser des actes en déphasage avec la volonté de Dieu. L’Eternel a soutenu notre pays pour qu’il demeure, en dépit de la crise qu’on a vécue, la locomotive de la sous-région. On ne peut pas voir cela et ne pas se comporter selon la volonté de Dieu. Ne pas honorer Dieu par notre comportement.

N.V : Qu’est-ce que l’année 2008 réserve à la Côte d’Ivoire ?
P.K : Cette année est celle de la restauration de notre pays. Dieu va rétablir tous les équilibres durant l’année 2008. Les équilibres au plan politique, économique, social, culturel, etc. Tout ce qui fait la vie d’une nation.

N.V : C’est dire, par exemple, que les élections présidentielles auront lieu ?
P.K : Il y a des personnes qui s’amusent avec le feu et qui pensent que les élections présidentielles ne pourront pas se tenir. Elles auront lieu cette année. Et ceux qui vont s’amuser à croire qu’ils pourront reproduire un schéma vu ailleurs, qu’ils prennent garde à eux-mêmes. Car Dieu ne restera pas les bras croisés.

N.V : Vous songez aux affrontements post électoraux comme on l’a vu au Kenya ?
P.K : Tout à fait ! Dieu a permis que nous arrivions à pacifier notre pays. Que les deux protagonistes arrivent à s’entendre et travaillent ensemble ; c’est un signal fort de la part de l’Eternel. Lorsque j’observe les pays occidentaux, je me rends compte que quand Ségolène Royal a été battue en France, il n’y a pas eu de guerre. Pareil pour Al Gore, puis John Kerry aux Etats-Unis. Ils préservent tout leur pays de troubles même s’ils ne sont pas contents de leur défaite. Ils continuent l’opposition en proposant au peuple une alternative future et en critiquant le pouvoir. Ils recherchent des idées novatrices pour séduire le peuple pour venir prendre plus tard le pays là où l’a laissé celui qui était au pouvoir. En Afrique, c’est tout le contraire. Les politiques cherchent à tirer le pays vers le bas quand ils ne sont pas au pouvoir. On ne peut pas développer un pays avec ce genre de mentalités et de comportements. C’est Dieu qui élève ; c’est Lui qui abaisse. Quand Dieu a décidé d’élever quelqu’un, personne n’y peut rien. Quand ce n’est pas ton temps, il faut l’accepter ainsi. Quand c’est ton temps, agis en conséquence. Personne ne peut déranger le plan de Dieu. Celui qui agit hors du plan de Dieu le trouvera son chemin.





Interview réalisée par Didier Depry didierdepri@yahoo.fr
 

 

 

 

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