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Au nom de notre foi Par Père Jean K.: Grève de survie
«Nous mourons en consommant les sauces de deux jours, trois jours, voire quatre jours. Parce que nos conditions de vie et de travail se dégradent chaque jour ». Cet aveu qui frise la misère est d’un enseignant syndicaliste qui lutte aujourd’hui pour une revalorisation salariale. C’est la presse qui a rapporté ses propos. Je dédie la réflexion de ce jour à tous les enseignants qui sont en grève et en lutte pour conquérir leur dignité dans notre société ivoirienne qui ne véhicule plus aucune valeur éthique, en dehors de celles des armes et de la médiocrité. J’ai longtemps observé cette grève des enseignants et je comprends de mieux en mieux que la lutte est toujours possible dans ce pays malgré l’épée de Damoclès qui plane sur chacune de nos têtes. J’ai surtout remarqué la mauvaise foi des gouvernants actuels qui refusent le minimum vital à ceux qui se consacrent à l’éducation dans ce pays. Prêtre, et donc enseignant, j’ai compris alors que l’Ecole n’est pas leur point fort, encore moins leur priorité malgré le boucan communicationnel autour de l’Ecole. Quoi de plus normal pour des individus parvenus au pouvoir avec les armes et non avec les « bics », les cahiers, les livres et les diplômes. Logiquement, la guerre faite aux Ivoiriens est la guerre contre l’Ecole ivoirienne vu le niveau intellectuel de ceux qui se pavanent aujourd’hui au sommet de notre Etat pris en otage par les « bombes démocratiques », vu aussi que nos brillants professeurs d’université sont soit en prison, torturés et leur avoir gelé donc affamés, soit en exil. Que peut-on donc attendre d’un tel gouvernement, apte à promouvoir la racaille et prêt à étouffer et à assassiner l’intelligence, à brûler les diplômes et à fermer les universités ? Mieux, quand un ministère comme l’Education et la formation est pris en otage par des personnes venues d’ailleurs, dont le souci est d’assassiner l’intelligence des Ivoiriens pour arrêter net leur progrès à la base, que peut-on espérer ? C’est une véritable catastrophe intellectuelle, un déni d’intelligence aggravés par le malheureux « Kandiarousse » qui nous est servi à longueur de discours démagogiques sur l’Ecole. Eux, se rassasient aujourd’hui avec leurs armes qu’ils ne sont pas prêts à abandonner. Pendant ce temps, les autres dont les enseignants sont affamés, traqués et maltraités, leurs droits syndicaux bafoués. Ils refusent de leur accorder la revalorisation de leur salaire qu’ils ont acquise depuis. La « grève de survie » qu’ils ont entamée est le symbole d’un peuple qui ne veut pas mourir affamé par des copains devenus tous milliardaires aujourd’hui en pillant systématiquement notre pays par la force des armes et la complicité de leurs frères de lumière. Nos enseignants sont à honorer et à encourager parce que leur lutte, qui n’est pas politique, est celle de tous les Ivoiriens épris de liberté. C’est une lutte pour la survie. Eux l’ont baptisée « grève de survie ». Dans la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui, manger devient une nécessité et un enjeu de taille. Et pour manger, il faut, pour le fonctionnaire ivoirien, un salaire conséquent vu que tout est devenu cher dans l’indifférence totale de nos gouvernants dont les femmes ; maîtresses et copines font leur marché dans les avions et les grandes surfaces occidentales. La grève de survie est donc la grève pour ne pas mourir de faim. Nous constatons bien que l’enjeu de notre fameux Ppte a été fortement détourné par nos gouvernants qui ne juraient que par lui. Avec ce maudit ppte, qui devrait nous nourrir et soigner tout devrait pourtant être réglé une fois pour toutes selon les promesses mirobolantes. A l’arrivée, nous nous rendons bien compte qu’aucune promesse n’est tenue. Encore une fois, nous avons tous été trompés. Le Ppte a donc accouché d’une souris. Et d’ailleurs, il continue d’affamer les pauvres et d’enrichir davantage les riches qui peaufinent davantage leur politique et stratégie d’accumulation et de gaspillage tous azimuts. La grève de survie nous rappelle à l’ordre et nous intime d’être solidaires dans le malheur et la misère face à l’arrogance d’un pouvoir dictatorial qui ne se préoccupe que du ventre d’un clan. En menant cette grève opportune et juste, nos enseignants nous aident à découvrir le vrai visage social du pouvoir actuel et nous font comprendre subséquemment que l’épreuve de force engagée par les gouvernants pour résoudre les problèmes de survie qui leur sont légitimement et consciemment posés est vaine et révèle, de façon crue, l’incompétence d’un pouvoir plutôt prompt à brimer qu’à résoudre intelligemment les sérieux problèmes de survie que lui posent ses compatriotes pris dans le feu de la galère. Préoccupés à faire le tour du monde avec leur gamelle, leur chef en tête, nos hommes forts d’Abidjan n’ont aucun égard pour la population et sont fondamentalement et viscéralement déconnectés de la réalité sociale. Le soutien que nous devons apporter aux enseignants se situe à ce niveau précis: lutter pour une juste répartition des biens de ce pays pris en otage par une clique de rattrapés et leurs suiveurs de l’extérieur. Ceux d’entre les enseignants qui comprennent ce message à l’envers ou qui ne le comprennent pas du tout et qui par conséquent voient à travers cette grève les intérêts menacés de leurs gourous de politiciens, rament vraisemblablement à contre-courant de l’évolution sociale. Ils font la grave confusion entre intérêts politiques de leurs mentors et leurs propres intérêts sociaux, à moins qu’ils aient part, nuitamment, à la mangeoire. Notre intérêt à nous est de soutenir et encourager cette grève de survie parce que nous sommes tous des affamés. « Le contrat social » n’aura plus de sens si les biens d’un peuple restent confisqués et confinés entre les mains de quelques privilégiés arrogants qui demeurent sourds aux cris de détresses et de misères de l’ensemble du peuple. Nous constatons donc qu’il y a une digue entre savoir manipuler les armes pour accéder au pouvoir et savoir diriger les hommes en assurant leur pain quotidien et leur bien-être social. Vouloir coûte que coûte résoudre les difficultés par la force et les intimidations grossières n’engendre que d’autres difficultés et d’autres crises bien plus graves. Cette grève de survie doit aussi être vue comme un ballon d’essai pour tester l’intelligence des gouvernants actuels. Et la forme qu’eux-mêmes ont donnée à cette balle risque de les perturber en premier lieu. Il faut donc savoir raison garder en toute chose. En répondant à la grève de survie par le mépris et la ponction, le pouvoir ne fait qu’exacerber une tension et en susciter d’autres. Profitons de cette aubaine pour mesurer nos forces en vue de faire face à un pouvoir qui méprise ceux qui ne pensent pas comme lui.




Père Jean K. perejeank@yahoo.fr www.perekjean.vip-blog.com
 

 

 

 

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