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11 avril 2011 - 11 avril 2016: 5 ans après sa déportation à La Haye Gbagbo présent dans les cœurs -- pulié le : Lundi--Avril-2016
Issue No.: 5306
du
Mardi 17 Mai 2016

Flash infos   
(Mercredi 6 Avril 2016 4:45)
22:00 Affaire BCEAO : le délibéré renvoyé au 25 avril 2016
18:41 Affaire BCEAO: la défense demande la relaxe pure et simple des prévenus pour délits non constitués.
18:39 Football/Ligue des champions: Serge Aurier (PSG) convoqué pour affronter Manchester City
17:00 Affaire BCEAO: «les 7 huissiers sont ici à la barre, pour avoir fait le simple constat d’une opération; ils n’ont pas failli à leur mission pour être poursuivis », la défense
16:47 Affaire BCEAO: «l’institution bancaire n’a produit aucun document disant qu’elle a subi un préjudice, donc ce procès ne devrait pas avoir lieu », la défense.
16:46 Affaire BCEAO: «Gbagbo n’a pas commis d’infraction, il s’est donné les moyens pendant la crise, de faire fonctionner l’Etat, payer les salaires des fonctionnaires, les factures», la défense. [...] 126 mots
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 Politique

Propagande du candidat du RDR dans Jeune Afrique:Les faits qui confondent Ouattara
L’hebdomadaire parisien Jeune Afrique proche d’Alassane Ouattara, au nom de la Françafrique et des intérêts d’affaires, a tenté, dans son édition n°2595 du 3 octobre dernier, de dresser un portrait enjoliveur de son poulain via une interview fleuve. Malheureusement, quelques faits de l’histoire politique des vingt dernières années de la Côte d’Ivoire au centre desquels apparaît le président du RDR, confondent profondément Ouattara. Nous allons les exposer suite aux questions-réponses de Jeune Afrique avec Alassane Ouattara.

Jeune Afrique : Cela signifie-t-il que vous pouvez vous engager par avance à reconnaître le verdict des urnes ?
Alassane Ouattara : Oui, je m’y engage.
Comme il a pris ce énième engagement au micro du journaliste Marwane Ben Yahmed de Jeune Afrique, hebdomadaire parisien très proche des réseaux françafricains auxquels Ouattara, lui-même, appartient, on peut penser que le président du RDR saura rompre avec sa nature. Sinon des faits tangibles existent qui attestent que l’engagement d’Alassane Dramane Ouattara ne vaut que pour ceux qui y croient. Et pour les millions d’Ivoiriens qui connaissent Alassane Ouattara, il y a des raisons valables de douter de sa bonne foi puisqu’en juillet 2000, avant le référendum organisé par la junte militaire au pouvoir, à l’époque en Côte d’Ivoire, Alassane Dramane Ouattara et son parti politique avaient appelé à voter «oui» notamment en faveur du maintien du «et» dans l’article 35 de la Constitution qui dispose que “Le candidat à l’élection présidentielle doit être Ivoirien de naissance, de père et de mère, eux-mêmes Ivoiriens de naissance”. Ouattara a même soutenu qu’il se sentait visé par cette disposition, à cause des doutes sur sa nationalité ivoirienne, mais qu’il n’était pas concerné. Ainsi, à l’instar des autres partis politiques ivoiriens, le RDR a appelé à plébisciter le «oui». Lorsque le «oui» a triomphé, Ouattara et ses hommes sont entrés dans un conflit parfois armé contre la junte militaire. Le chef de la junte, le général Robert Guéï, a échappé à deux tentatives d’assassinat. Selon le porte-parole du CNSP (junte militaire), c’est Ouattara et ses hommes qui en étaient les auteurs. Un proche de Ouattara, le général Palenfo, membre de la junte, s’est réfugié à l’ambassade du Nigeria, après le second coup contre le général Guéï. Avant l’élection présidentielle d’octobre 2000, Mathieu Kérékou du Bénin et Gnassingbé Eyadema du Togo ont reçu Guéï, Gbagbo, Ouattara et Fologo (PDCI). Les leaders politiques ivoiriens ont pris l’engagement de respecter le verdict des urnes et de travailler avec le vainqueur du scrutin. Là encore, Ouattara n’a pas respecté son engagement puisqu’il a refusé d’entrer dans le premier gouvernement. La tentative de coup d’Etat de janvier 2001 et la rébellion armée de 2002 constituent des preuves éloquentes.

J.A : Comment envisagez-vous de traiter la question des crimes charnier de Yopougon, escadrons de la mort, etc.- commis pendant la guerre ?
Ouattara : Je souhaite mettre en place une commission Vérité et Réconciliation sur le modèle sud-africain. Il faut nécessairement établir la vérité. Cette commission devra également régler le problème des dédommagements dus aux victimes.
Cette réponse de Ouattara s’adresse à la communauté internationale, mais pas aux Ivoiriens. C’est elle que le président du RDR veut sans doute impressionner en évoquant l’exemple sud-africain de la Commission Vérité et Réconciliation. Parce qu’en Côte d’Ivoire, l’opinion sait que Ouattara n’a jamais milité pour l’éclatement de la vérité dans les massacres d’octobre 2000, le charnier de Yopougon, les escadrons de la mort, le coup d’Etat manqué de janvier 2001 et la rébellion armée. Concernant, par exemple, le charnier de Yopougon, une commission indépendante avait été mise en place par le ministère de la Justice pour mener les enquêtes. Les travaux étaient fort avancés. Quand le RDR a pris le ministère de la Justice après Marcoussis et que Henriette Dagri Diabaté, SG du RDR et adjointe de Ouattara, a été nommée Garde des Sceaux, elle a automatiquement dissous la commission et interrompu les investigations. Elle n’a jamais mis sur pied une nouvelle commission ni réactivé les enquêtes. L’on saura plus tard par des sources judiciaires que les résultats partiels auxquels étaient parvenus les enquêteurs accablaient le RDR d’où la décision de Mme Diabaté de tout arrêter. Tel est Alassane Ouattara.

J.A : En quelques mots, que diriez-vous à un électeur ivoirien hésitant pour le convaincre de voter pour vous ?
Ouattara : La situation du pays est catastrophique, les Ivoiriens souffrent, et la soif de changement est inextinguible. Je pense avoir les solutions aux problèmes que rencontrent chaque jour mes compatriotes, dans les domaines de la santé, de l’éducation, des infrastructures… Ceux qui ont plus de 25 ans ou 30 ans se souviennent de ce que j’ai pu faire pour sortir le pays de la crise lorsque j’étais Premier ministre. Mes priorités seront l’emploi des jeunes et l’amélioration du cadre de vie de tous, je le dis bien de tous les Ivoiriens, parce que je rêve d’une Côte d’Ivoire unie et prospère.
Le candidat Alassane Dramane Ouattara tronque volontiers sa propre histoire politique et celle de la Côte d’Ivoire des années 90 pour se faire passer pour un “homme vierge”. Alors que la vérité est immuable. La situation catastrophique que vit notre pays depuis 2002 est liée à la guerre imposée par des rebelles qui ont décidé de mener le combat de Ouattara. Le chef-rebelle Koné Zakaria, en exil volontaire au Burkina Faso, révélait en 2003, au cours d’un meeting dans le nord du pays, que Ouattara est leur parrain et c’est à cause de lui qu’ils ont pris les armes. On peut donc aisément conclure que si les Ivoiriens souffrent, c’est à cause de Ouattara. Le changement que les Ivoiriens veulent, c’est celui de l’abandon de la violence et des armes dans la politique. Les Ivoiriens veulent la démocratie et les urnes. Pas les fusils, les assassinats politiques et les coups d’Etat. Autre vérité à savoir, la dévaluation du franc CFA en 1994 consacre l’échec de la Primature Ouattara. Puisque c’est pour empêcher cette dévaluation que Houphouët-Boigny qui y était farouchement opposé et la percevait comme une humiliation a nommé Alassane Dramane Ouattara comme Premier ministre en 1990. La mission de Ouattara était de redresser l’économie ivoirienne et empêcher, par conséquent, la dévaluation du franc CFA. Non seulement son plan venu du FMI a déglingué l’économie du pays mais le franc CFA a été dévalué. Les conséquences des actions du Premier ministre Ouattara, au plan social, ont été désastreuses : suppression de milliers d’emplois dans la Fonction publique, salaire à double vitesse dans l’Enseignement, suppression des internats dans les lycées et collèges, suppression du transport pour les étudiants, mise au chômage de milliers de travailleurs dans divers secteurs dont les Travaux publics etc. Lorsqu’en 1993, Ouattara quittait la Primature, il a avoué que la Côte d’Ivoire était en cessation de paiement des salaires des fonctionnaires. Le niveau de pauvreté des populations s’était considérablement accru alors que le pays n’était pas en guerre. C’est donc faux lorsque Ouattara fait croire que 1990-1993 ont été des années positives. Bien au contraire, elles ont été un cauchemar pour les Ivoiriens dans leur très large majorité n


Didier Depry (didierdepri@yahoo.fr) 

 

 

 

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